Louise Frydman

Des sculptures faites d’air et de couleur blanche. On dirait qu’elles sont sur le point de s’envoler ou qu’elles tombent du ciel en virevoltant.

La forme du vent, le son de l’air, le souffle des pétales d’une fleur — ils se matérialisent sous la main de Louise Frydman et confluent avec la silhouette délicate de ses sculptures opales. On dirait qu’elles émettent un puissant champ magnétique, gisant quelque part dans leur silence, qui attire le spectateur vers le monde de l’artiste.

 

COQUILLE IV
COQUILLE IV 2018 ©Louise Frydman
ROCHE DES MERS II
ROCHE DES MERS II 2017 ©Louise Frydman

Louise Frydman, une artiste française née à Paris en 1989. Elle vit et travaille en Bourgogne.
Elle est diplômée de l’école d’art L’ESAG-Penninghen en 2012 et étudie la photographie à l’International Center of Photography de New-York. Son atelier est installé en Bourgogne depuis 2015.
Elle a commencé par composer des oeuvres en papier blanc légères et délicates puis, en 2015, se tourne vers la céramique et crée alors sa pièce monumentale «La Fée des Pétales» qui sera suspendue dans la cour de l’Hôtel de Croisilles, à Paris.
Sa rencontre avec le céramiste Jean-François Reboul en 2015, lui permet d’approfondir son apprentissage et d’ affirmer sa démarche artistique.

En juin 2019, elle reçois le Prix « 1 immeuble, 1 oeuvre» par le Ministre de la Culture Franck Riester, pour sa collaboration avec Vinci Immobilier. Son travail a également été sélectionné au Concours International ICAA Blanc de Chine à l’occasion de l’exposition du même nom à Beijing en août 2019.

Ses sculptures sont présentées à la galerie Amélie Maison d’Art et à Loo & Lou gallery.

 

■Comment qualifieriez vous votre art ?

Mon travail est une exploration des formes de la nature. Je modèle la terre et en fais naître des sculptures délicates, que j’enveloppe d’un blanc poudreux, sur lesquelles la lumière vient se poser pour en faire vibrer les lignes. Le mouvement apparaît comme un élément essentiel de mon travail, à travers des formes vivantes et des pièces mobiles suspendues. Je recherche la rencontre entre force et fragilité en travaillant mes sculptures de manière éthérée dans leurs formes, et puissante par leurs dimensions.

 

■Qu’est-ce-qui est le plus important pour vous permettre de créer et dans votre travail en général ?

Ressentir la nature autour de moi est essentiel. La solitude est nécessaire.Souvent la musique, parfois le silence m’accompagnent.

 

■Quelle sont vos sources d’inspiration ?

La nature en premier lieu.La haute couture, la gastronomie et l’architecture sont également des sources d’inspiration très importantes.

 

■Pourquoi est-ce que vous avez choisi ce moyen d’expression?

Ca a été une évidence lorsque j’ai touché la terre pour la première fois.La terre est l’un des quatre éléments. Elle incarne la nature, la féminité, la création.

 

La Petite Fée des Lumières 2017 ©Louise Frydman
COEUR D’AUTOMNE 2017 ©Louise Frydman
CASCADE 2018 ©Louise Frydman

■Quel est votre projet préféré et pourquoi est-il si spécial?

Mon premier projet “La Fée des Pétales” reste le plus spécial à mes yeux.D’abord parce que c’est mon tout premier projet en céramique et donc le début d’une grande aventure.Cela reste aussi la plus grande oeuvre que j’ai réalisé.Des centaines de pétales blancs et or s’étendant sur 17 mètres de long dans la cours à ciel ouvert de l’Hôtel de Croisilles à Paris.

 

■Est-ce qu’il y a une collaboration particulière qui vous aurait marqué? Qu’est-ce qu’elle vous avez apporté?

J’ai beaucoup aimé ma collaboration avec Vinci Immobilier. Penser une oeuvre sur mesure en lien avec l’architecture et travailler en équipe étape par étape m’a beaucoup apporté. C’est grâce à cette collaboration que j’ai pu remporter le prix “1 immeuble, 1 oeuvre”.

 

■Qu’est-ce que tu souhaites mettre en avant dans vos projets? Quelles valeurs défendez-vous?

Au-delà des formes et de la matière, c’est la rencontre entre l’œuvre et son environnement qui m’intéresse, l’interaction entre l’art et l’architecture, l’art et la nature, l’art et les gens. Mes sculptures s’incarnent dans un espace avec lequel elles dialoguent jusqu’à en révéler certains aspects, ouvrant le regard et facilitant la lecture du lieu. L’installation artistique provoque un questionnement et offre un nouveau champ d’expérience sensible. Je tiens à créer une relation direct et intime avec le public en leur offrant une vision poétique du monde, provoquant l’imaginaire aussi bien dans des lieux dédiés à l’art que dans des espaces accessibles à tous.

 

 

Louise et le Japon

■Est-ce que vous aimez le Japon?

Depuis l’enfance je suis émerveillée par le raffinement de la culture japonaise.

 

■Est-ce que vous avez des expériences ou des souvenirs particuliers sur le Japon?

Je me souviens comme d’un rêve de ce voyage à Kyoto, jeune adolescente, et de la découverte de ce jardin incroyable dont nous avions pu franchir les portes seulement après avoir participé à une séance de calligraphie au sein d’un temple.

 

■Est-ce qu’il y a des artistes ou des œuvres d’art japonais qui vous intéressent ?

J’aime énormement le travail de l’artiste céramiste Katsumata Chieko, de l’artiste Hitomi Uchikura ainsi que les photographies de Rinko Kawauchi.

 

■Comment voyez vous les artistes japonais et leurs œuvres?

Je dirais que les artistes japonais, et la culture japonaise en générale, sont tournés vers la nature et la spiritualité.Rien ne me semble laissé au hasard. Tout fait sens.

 

■Pensez-vous qu’il existe des différences ou des similitudes entre l’art français et l’art japonais?

Sans doute que le dénominateur commun de ces deux cultures est la recherche de beauté et de raffinement.

L’ENVOLEE 2018 ©Louise Frydman
CASCADE 2018 ©Louise Frydman

■Quel est votre actualité? 

J’ai une exposition actuellement à Madrid jusqu’au 31 octobre. Gagner le premier prix Árvore à la foire d’art Just Mad de Madrid en mars 2020 avec la galerie Lou & Lou m’a donné l’opportunité d’une résidence à Porto à Arvore Cooperativa. L’exposition présente les sculptures que j’ai créées pendant cette période spéciale. J’ai développé des pièces inspirées des azulejos portugais, expérimentant un nouveau format et introduisant la glaçure dans mon travail.

Mon travail est présenté en continu à la galerie Amélie, 8 rue Clauzel 75009, ainsi qu’au showroom Philippe Hurel, 4 rue du Bouloi 75001 Paris.

 

■Le mot de la fin?

Merci pour l’intérêt que vous portez à mon travail et à l’art en général.Je crois que la création est très importante dans cette période difficile que nous vivons, et j’espère que l’art contribue à donner de la force, de l’espoir et de la joie au monde.

 

https://louise-frydman.com/

(Texte : Ayami Ijima / Traduit du japonais : Wiktor Ziolkiewicz)

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